Église Saint-André de Saint-André d'Hébertot
L’édifice se distingue par sa tour romane en pierre, rare dans la contrée, caractérisée par l’absence de contreforts et des angles évidés suggérant une juxtaposition des murs plutôt qu’une véritable liaison. Son élévation suit une progression typologique claire : base pleine, fentes cintrées à mi-hauteur, baies jumelles carrées, puis grand étage de baies cintrées subdivisées par des colonnettes à chapiteaux frustes, couronné d’un beffroi en ardoise à toiture pyramidale.
La nef, primitivement romane, présente des murs latéraux symétriques remaniés : contreforts plats médiévaux au sud, piliers butants et fenêtres du XVIIe siècle au nord. Le chœur, en retrait, conserve deux travées d’un roman sévère et rare : voûtes en pierre sur arcs-doubleaux, nervures toriques et faisceaux de colonnettes trapues, système comparable aux parties les plus anciennes de Saint-Ymer. L’arc triomphal roman, à triple rouleau en retraite, repose sur des piliers cylindriques à colonnettes engagées.
Une chapelle du XVe siècle, à fenêtres flamboyantes, complète le dispositif. Le mobilier notable comprend un autel du XVIIe siècle, un tombeau en marbre armorié et une grille de sanctuaire en fer forgé à fleurs de lis et coquilles. Des vitraux du XVIe siècle subsistent partiellement dans les fenêtres nord. D’intéressants bâtons de charité sont disposés sur les stalles, témoignage de l’action d’une confrérie de charité, groupe de laïcs constitué pour venir en aide aux familles faisan face à un décès ; une tradition régionale (présente dans l’Eure et le Calvados essentiellement) remontant aux épidémies de la période médiévale.
La sépulture du chimiste Nicolas-Louis Vauquelin (1763-1829), né et mort à Saint-André d’Hébertot, prend place dans le cimetière.
