Église Saint-Georges de Hotot-en-Auge
Édifice roman remanié, l’église Saint-Georges de Hotot-en-Auge présente une stratigraphie architecturale lisible, de la période romane à la Renaissance, avec un parti constructif original intégrant la brique dans sa maçonnerie.
La nef, à trois travées séparées par des contreforts, est percée de fenêtres flamboyantes à deux jours. Une porte en accolade, aujourd’hui bouchée, subsiste au nord. Le portail occidental, en pierre de taille, a remplacé au XVIIe ou XVIIIe siècle un front roman à cinq contreforts.
La tour, au nord de la troisième travée, est une base Renaissance datée de 1534, à modillons, surmontée d’un toit d’ardoises du XIXe. Une chapelle seigneuriale gothique, au sud, sert de sacristie.
Le chœur roman, à deux travées, conserve de petites fenêtres cintrées entre contreforts plats et une belle porte romane à zigzags au nord. La corniche à modillons couronne les murs gouttereaux.
Le mobilier est d’une richesse notable : maître-autel à colonnes corinthiennes avec Descente de croix, devants d’autel brodés à orfrois représentant les Apôtres, statue gothique de sainte Apolline polychrome, fragment de vitrail Renaissance et vestiges d’une sculpture narrative figurant des personnages en forteresse.
Chef-d’œuvre de l’ensemble : une statue funéraire féminine du début du XIIIe siècle, de haute qualité, identifiée à Luce de Coulonges († ap. 1246), dame de Hottot, représentée couronnée de fleurs, les pieds sur un dragon — parmi les plus belles sculptures tombales normandes connues.
